lundi 13 juillet 2020

Arrêt de la pilule : 6 mois après



Je sais que cet article était très attendu et le voilà enfin rédigé ! Si vous me suivez sur Instagram, vous savez sûrement que j'ai arrêté la pilule en Janvier 2020 (j'en ai tellement parlé en stories haha) après 8 ans à la prendre non-stop (dont parfois en continu). Cet arrêt me stressait beaucoup et je me posais énormément de questions. Comme je ne suis visiblement pas la seule à passer par ces étapes (ou à être intriguée par ce qu'il se passe une fois qu'on la stoppe), j'ai décidé de vous en parler dans un article. Un premier bilan après 6 mois d'arrêt me semble suffisant pour porter un regard juste sur la période qui vient de s'écouler. Je pense que j'en referai un au bout d'un an, ce sera aussi intéressant !

Disclaimer : il existe déjà pas mal de vidéos et d'articles qui regroupent une multitude de témoignages et d'expériences en lien avec l'arrêt de la pilule. Chaque vécu est unique et je vous conseille de garder ceci à l'esprit lorsque vous les lisez. Il n'y a pas de vérité universelle, le but est simplement de partager nos observations et notre vécu ! N'hésitez donc pas à en lire plusieurs afin d'avoir votre propre avis.

Moi et la pilule : 

J'ai commencé à prendre la pilule à 18 ans, tout simplement parce que je suis devenue sexuellement active. Je suis allée voir ma médecin généraliste qui m'a prescrit Minidril (remboursée par la sécurité sociale) : comme j'avais souvent des douleurs au niveau de la poitrine peu avant mes règles, c'était selon elle la contraception idéale pour atténuer ces maux. Elle avait tout à fait raison et cette pilule a eu un effet miraculeux sur ce point-là ! J'avais également un peu d'acné sous-cutanée à l'époque et même si ce n'était pas le but recherché, la pilule a contribué à me faire disparaître ces boutons disgracieux. Dernier élément, mon flux a également considérablement baissé (ce qui s'est avéré assez pratique). 

Pour s'assurer que mon corps supportait correctement Minidril, j'ai fait des prises de sang (plus ou moins régulières) durant mes 8 années à prendre la pilule. Il n'y a jamais rien eu de particulier à signaler. Si les premières semaines où j'ai commencé à la prendre j'ai ressenti quelques maux de tête et nausées, cela a vite disparu. J'ai toujours pris soin de mettre une alarme pour ne pas l'oublier et c'est rapidement devenu une habitude (même si la charge mentale liée à cela n'est jamais agréable, j'y reviendrais plus tard). Avec du recul, je pense pouvoir dire avoir été chanceuse : j'ai très bien supporté la toute première pilule qu'on m'a prescrite et elle m'a accompagné de longues années.

Durant la fin de mes études à l'Université, les dangers de la pilule sont devenus bien plus omniprésents comme sujet de conversation dans l'espace médiatique. A raison, bien sûr, puisque des effets secondaires dévastateurs de certaines pilules (comme Diane 35) ont été pointés du doigt. Je n'avais jamais été véritablement au courant du danger réel encouru par la prise de certaines pilules. Je crois que c'est aussi à ce moment-là que j'ai moi même lu la notice de ma pilule Minidril et que j'en ai découvert tous les effets indésirables possibles. C'est peut-être très naïf de ma part mais je pense que nous sommes beaucoup à ne pas forcément lire les notices de nos médicaments.

Cependant, Minidril me convenait tout à fait et je n'avais pas spécialement envie de changer ma contraception. J'ai parfois eu le sentiment de faire face à pas mal d'injonctions sur les réseaux sociaux où la pilule devait être automatiquement diabolisée au profit d'autres formes de contraceptions. Si je pense qu'il faut laisser aux femmes le choix, les informer de toutes les possibilités qui s'offrent à elles (en toute transparence) ainsi qu'apprendre aux hommes à se responsabiliser sur les protections qui existent, je pense qu'il n'est pas forcément pertinent de totalement rejeter la pilule. A l'époque, je me souviens qu'un certain livre avait causé pas mal de remous : un livre dont on a depuis relativisé le propos (et dont un certain médecin a finalement refusé d'en signer la préface, parce qu'il jugeait lui même l'ouvrage trop à charge et parfois biaisé). J'ai donc continué à prendre la pilule, slalomant entre des discours parfois anxiogènes tout en y restant attentive car, au-delà de leur aspect parfois inquiétant, certaines mises en garde étaient vraiment nécessaires. 

Mais après presque 5/6 ans à la prendre non stop j'ai commencé à ressentir une profonde lassitude. Je n'arrivais plus à la prendre avec autant d'automatisme. Il m'arrivait de l'oublier (cela n'a jamais été grave puisque je l'oubliais seulement de quelques heures mais tout de même ! quelle frayeur...), de penser que je ne l'avais pas prise alors que c'était bien le cas (et d'en reprendre une 2e sans faire exprès #oups)... Bref, une multitude de détails s'est accumulée au fil du temps, témoignant d'un véritable ras-le-bol de prendre cette fameuse pilule. Après plusieurs discussions avec des professionnelles de santé (très compréhensives mais dont la différence de discours -et de réponses!- était parfois perturbante), j'ai choisi de l'arrêter. Comme on m'a déjà posé la question, l'arrêt n'a pas été bien compliqué : j'ai terminé ma plaquette et voilà, fini

Pour info, je n'ai pas choisi un autre mode de contraception type stérilet ou implant : j'utilise le préservatif et cela convient tout à fait à mon couple (n'en déplaise à ceux qui plaignent les pôôôvres hommes qui se retrouvent responsabilisés sur ce sujet). 

Forcément, j'étais très curieuse de connaître les effets qui allaient suivre l'arrêt de la pilule. J'avais beaucoup entendu parlé des fameux effets rebonds, des changements hormonaux, etc. J'étais un peu stressée, j'ai beaucoup lu sur le sujet pour m'informer mais comme dit précédemment, ça a l'air d'être pas mal du cas par cas. Je le répète donc mais mon vécu ne peut donc être représentatif que... de ma petite personne !

Les effets secondaires observés : 

Pour m'accompagner dans les changements qui risquaient de survenir, j'ai décidé d'utiliser l'application Clue. Celle-ci est vraiment top, elle vous permet de suivre attentivement votre cycle et d'y insérer tous les éléments que vous désirez (début et fin de cycle, état de votre peau, humeur, etc). Si j'avoue ne pas être totalement assidue dans les infos que j'y rentre, elle m'est tout de même sacrément utile (et je la partage avec mon partenaire, ce qui lui permet d'être au courant de mon cycle).

Je ne savais pas trop comment présenter l'évolution des effets rencontrés par cet arrêt. J'ai d'abord pensé à vous le faire chronologiquement puis je me suis dit que lister chaque effet et revenir dessus en détails était plus compréhensible à la lecture. J'espère que cela sera le cas !
  •  Mon humeur : 
C'est très frustrant car il s'est passé tellement de choses depuis le début de cette année 2020 (*tousse* une pandémie entre autre *tousse*) qu'il m'est difficile de savoir où commence et où s'arrêt l'influence de l'arrêt de la pilule dans toute cette affaire. Quoi qu'il en soit, j'ai effectivement ressenti des variations de mon humeur, notamment durant le 2e trimestre (ce qui correspond également à la pandémie). J'étais plus irascible, moins patiente et plus impulsive. J'ai fait de gros efforts pour ne pas laisser ces sautes d'humeur prendre le dessus mais ce n'était pas simple. J'avais beaucoup de mal à me reconnaître face à certaines émotions qui ne me correspondaient pas et qui me surprenaient moi-même. J'ai choisi de faire l'autruche : je les ai acceptées mais en les gardant pour moi, attendant de voir comment cela allait évoluer (en gros : j'ai pris mon mal en patience). Petit à petit, cela s'est calmé.

  • Ma libido : 
Ce n'est donc pas une légende urbaine... J'ai eu l'impression d'avoir de nouveau 15 ans ! Si beaucoup font des blagues à ce sujet et l'accueillent plutôt bien, j'ai été de mon côté assez perturbée. J'ai fait le choix de ne pas trop en parler car j'ai trouvé ça vraiment... bizarre. J'avais vraiment le sentiment de redevenir une ado, avec les idées/fantasmes/regards qu'on peut avoir à cet âge là, au point que je trouvais même ça plutôt ridicule. Pour info, j'ai commencé à ressentir ces effets au bout d'un mois d'arrêt et ça s'est éternisé pendant 4 mois environ. Si ça vous intéresse, sachez que ça commence à... s'équilibrer, haha.

  • Mon cycle : 
Mon cycle a été assez étrange au début mais on m'avait prévenu que c'était normal et que cela mettait du temps à se réguler. J'ai eu mes règles au bout de 5 semaines, puis 3 semaines et maintenant c'est plutôt régulier (je croise les doigts pour que cela continue). J'avais très peur de retrouver un cycle similaire à l'adolescence mais une médecin m'avait expliqué qu'un cycle change au fil du temps et qu'il n'était pas certain qu'il ressemble à celui d'il y a 10 ans, même en arrêtant la pilule ! Même si cette perspective était là aussi incertaine, j'étais plutôt rassurée. Parce que sincèrement, mon cycle de mes 15 ans était long !
Au final, j'ai un peu plus mal au ventre et un en bas du dos qu'auparavant (mais ça reste trèèès supportable, j'ai toujours été chanceuse à ce niveau là). J'ai eu mal au niveau de la poitrine au début, (aah cette douleur par contre, je l'avais oublié) mais maintenant ça va mieux ! Par contre, je me sens clairement gonflée de partout quelques jours avant le début de mes règles et je déteste ça (et je ne me souviens pas d'avoir connu ça étant plus jeune). Je pense que je fais de la rétention d'eau (ce qui est assez courant).

  • Mon poids : 
Rien à signaler de particulier (du moins, rien en lien avec la pilule).

  • Pilosité : 

Un peu plus que d'habitude, mais pas non plus très marquant. C'est revenu à la "normale" au fil des semaines.

  • L'état de ma peau : 
THE sujet que tout le monde attend haha. Si vous me suivez sur Instagram, vous savez que ma peau a connu des moments vraiment chaotiques. Le premier trimestre s'est passé en toute tranquillité et dès mars... patatra ! Problème : il y a eu également le confinement qui a été une énorme source d'anxiété (qui ça surprend ?) en plus de l'augmentation du chlore dans l'eau du robinet (ma peau n'a clairement pas kiffé). Résultat, je ne sais pas tellement où est-ce que l'influence du pilule a joué un rôle. 
Quoi qu'il en soit, ma peau a vraiment mal vécu cette période et elle commence à peine à se remettre. Pendant plusieurs semaines, j'ai eu une peau bien plus grasse avec l'apparition de micro-kystes et autres joyeusetés. Un enfer ! Désormais j'ai encore quelques imperfections mais ça va beaucoup mieux, c'est nettement supportable. Si cela vous intéresse, j'ai écrit un article où je parle de tous les produits que j'utilise et qui aident ma peau à lutter contre les imperfections : il sort bientôt ! J'en reparlerai dans 2 mois mais je suis également en train de suivre une cure pour booster l'éclat de la peau d'Atelier Nubio :).

Avez-vous d'autres questions ?
Avez-vous arrêté la pilule ?
Comment l'avez-vous vécu ?

Publier un commentaire

Merci beaucoup d'avoir pris le temps de me laisser un commentaire !

Instagram